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Art et épidémie : La Grippe Espagnole, de Schiele à Munch

peinture et épidémie

La pandémie mondiale qui nous touche depuis maintenant un an, a su, au delà des lésions qu’elle induit, provoquer de multiples réactions. Nous avons aussi bien assisté à des preuves flagrantes d’individualisme, qu’à de formidables élans de solidarité. La maladie touche tout le monde et tous sommes concernés et comme toujours, le monde de l’art n’est pas en reste. De nombreux artistes, notamment des peintres ont voulu représenter cette époque très particulière.
La maladie est une thématique souvent abordée, même si au fil des époques, elle ne sert pas toujours le même but, et représente différent aspects de nos afflictions, en fonction des préoccupations premières des populations touchées.
L’occasion pour nous de revenir sur quelques pièces maitresses de la peinture,  et d’observer à travers elles le rapport particulier qui lie cette pratique artistique et la problématique épidémique.

La Grippe Espagnole : de Schiele à Munch

Effectuons maintenant un saut de près de trois siècles, nous sommes en 1918. Le monde à bien changé, les principaux états européens sortent de ce que l’on nommera à posteriori la première guerre mondiale, la révolution industrielle à bouleversé les rapports au sein des sociétés et l’église à doucement perdue de son influence.

C’est dans ce contexte que survient la grippe dite Espagnole qui fera entre 20 et 100 millions de morts.  La encore la maladie, particulièrement virulente, touche tout le monde, et nul n’est épargné.
La photographie, discipline encore récente, se charge d’ailleurs de rendre compte du drame qui se joue, à l’image de ces clichés présentant des hangars entiers reconvertis en hôpitaux.

Peinture et épidémie

De son coté, l’art pictural n’a plus grand chose à voir avec les toiles de Poussin, la thématique religieuse se fait plus rare, et l’approche même de la peinture à changée, c’est l’époque de Picasso et du cubisme, les prémices de l’Art Moderne.La peinture se réinvente face à la photographie et les thématiques changent avec une résurgence du travail introspectif, notamment avec l’autoportrait.
Mais la maladie touche aussi les peintres, apportant ainsi son lot d’histoires tragiques, à l’image de celle d’Egon Schiele. Le peintre, alors âgé de 28 ans, sera l’une des nombreuses victimes de la grippe, trois jours après le décès de sa compagne alors enceinte. Il laissera derrière lui une ultime toile inachevée, intitulée La Famille, dans laquelle il se représente accompagné de son ex-compagne, ainsi qu’avec un enfant, peut être ce même enfant qui ne naitra jamais.

D’autres s’en remettent et peuvent nous livrer des œuvres qui en témoignent, à l’instar d’Edvard Munch avec  son autoportrait à la grippe espagnole, daté de 1919.
Nous l’avons vu, la représentation des épidémies dans la peinture n’est pas une pratique nouvelle, et cette thématique à largement influencée le déroulement de l’Histoire de cet art. Toutefois il est intéressant de noter que si la thématique reste effectivement la même, la façon de l’interpréter diffère autant que la forme. Passant d’un châtiment divin à une parabole observatrice, jusqu’au travail de l’autoportrait pour observer les effets de la maladie jusque dans sa propre chair.

2020

La pandémie que nous affrontons à l’aube du XXéme siècle présente des similitudes picturales avec les précédentes, et si le bouleversement des moyens de communication qu’à constitué l’avènement de l’air 2.0 ouvre au maximum le champ des références culturelles possibles, nous pouvons néanmoins retrouver des symboles qui perdurent au fil des siècles tels que la rupture sociale, le changement des moeurs, le port des masques et tenus de protection et l’inquiétude.
Nos artistes ne dérogeant pas à la règle, c’est Zaar qui nous livre son interprétation de la situation, au travers de son Tengu au sentiments ambivalents, il exprime cette contrainte volontaire qu’est se masquer, pour préserver son aspiration à la liberté. Une œuvre à découvrir ICI.


Ca me dit quelque chose !

Un tengu masqué

Une fois n’est pas coutume, la rédaction vous propose une œuvre lié à la thématique, cette fois il s’agit d’une photographie par Maxime Anthony, que nous vous invitons à découvrir . LIEN

Creuser le sujet

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Pour approfondir le sujet, nous vous conseillons de consulter ces quelques liens :

L’Instagram du Covid Art Museum, afin de vous faire une idée de la pluralité des œuvres produites pendant et après les phases de confinement. LIEN