CirceZaar – Galerie d'art

La sélection d’Ocho

La sélection d’Ocho

Artiste Peintre

Des yeux et un loup bleu

Extrait de la série «  Déesse sauvage»
50cm * 70cm

« C’est arrivé comme un flash, juste avant de m’endormir, un loup, juste là, ici, mes yeux à peine clos, surgissant de nulle part. Du bleu, le loup est bleu, l’image s’estompe en quelques secondes. Il faut que je trace les contours. Un crayon, une feuille, tout dérape encore et encore. Des maisons, un oiseau, des yeux, des yeux encore des yeux. Une ogresse, non, un chamane, je vais lui mettre du rose, de longs traits bleus, un zèbre, rose et bleu, c’est bien ça, un zèbre. J’entoure tout de noir, le loup, le chamane rose, l’oiseau jaune, je recule, j’avance, j’écris des triangles, des ronds, des grilles à au pastel gras, je déconstruis, tout va vite, très vite.
Je suis essoufflée.
C’est le chaos.
Oui voilà, de l’orange ici, le bleu ciel là, je rature, écrit, repasse sur des formes, sur une couleur. C’est du chaos qui sort de moi, du chaos autour, dessus et entre chaque forme. Il faut que j’assemble tout, donne du sens, du jaune, une rature, des tringles, des grilles… Puis tout s’arrête de l’intérieur, plus rien, vidée.
Je pose tout, feutres, peintures, pastels, m’assoie par terre et regardent.
C’est fini, le loup est reparti. »

Les yeux des perroquets

Extrait de la série «  Déesse sauvage»
50cm * 70cm

« Deux déesses enveloppées, tordues comme un serpent qui s’enroule. C’est ça, ce sont deux serpents ! Elles sont comme dans un fœtus, dans la matrice, dans le grand Tout. Voilà, c’est le grand Tout que je dessine.
Du vert, de l’orange, et … un perroquet, je vais le dessiner ici, au centre. C’est bien, le centre pour un perroquet.
La ville, les toits, la fumée… les fenêtres des inconnus là-bas au loin, dans l’ombre. Je dessine la forêt, sur le côté. De travers, bancale ; une forêt à l’envers. Je la veux rose et violette.
Je mets les couleurs, tout s’emboîte et s’organise dans un chaos d’ombre et de couleurs. Je me stoppe.
Le perroquet, son regard me donne l’impression qu’il comprend tout. »

Peindre le vide

Extrait de la série «  Déesse sauvage»
50cm * 70cm

« Les routes, les voitures tout se bousculent. Des arbres, des toits, non, des immeubles, des fenêtres d’inconnus. La ville, les arbres, la forêt. Je dessine tout, au crayon, ça va vite, très vite. La couleur, c’est pour après. Je la dessine tordue, courbée, c’est une chamane, elle regarde, sonde nos villes. Je dessine un bec, une aile ici, et puis une autre là-bas, loin, à l’opposé.

Du jaune, c’est bien le jaune, la femme-chamane sera jaune et verte. Les arbres, je les veux roses, les routes en fluo, pour qu’elles se voient, elles sont bruyantes ces routes, elles tanguent et ondulent. Du noir, je l’étale, toujours. Je recule d’un mètre. Le noir m’angoisse, il m’engloutit, je n’aime pas ça. Je m’en vais de l’atelier.

Le lendemain, je reviens, recule, avance. Le noir m’angoisse toujours. Je prends un pinceau et un tube d’acrylique blanc, je commence à combler les vides. Un jaillissement, voilà, c’est, une explosion. Je dessine un soleil. Pluton, Saturne, une flèche, des ronds, des points, la lune.
Je peins les vides. »

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