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Art et épidémie : La Peste selon Poussin

peinture et épidémie

La pandémie mondiale qui nous touche depuis maintenant un an, a su, au delà des lésions qu’elle induit, provoquer de multiples réactions. Nous avons aussi bien assisté à des preuves flagrantes d’individualisme, qu’à de formidables élans de solidarité. La maladie touche tout le monde et tous sommes concernés et comme toujours, le monde de l’art n’est pas en reste. De nombreux artistes, notamment des peintres ont voulu représenter cette époque très particulière.
La maladie est une thématique souvent abordée, même si au fil des époques, elle ne sert pas toujours le même but, et représente différent aspects de nos afflictions, en fonction des préoccupations premières des populations touchées.
L’occasion pour nous de revenir sur quelques pièces maitresses de la peinture,  et d’observer à travers elles le rapport particulier qui lie cette pratique artistique et la problématique épidémique.


La Peste selon Poussin

Après un peu moins d’un siècle de silence, la peste réapparait en Europe, particulièrement au Nord de l’Italie en 1630, faisant des ravages en Lombardie, décimant ainsi près d’un quart de la population de la ville de Milan.

Peinture et épidémie

Résidant depuis peu à Rome, Nicolas Poussin commence alors La Peste d’Asdod, dans laquelle l’artiste représente pêle-mêle des personnages agonisants, des cadavres d’enfants, ou encore des hordes de rongeurs envahissant les rues. Un tableau que l’on pourrait voir comme un témoignage de l’évènement qui secoue l’Italie et pourtant il s’agit la d’une représentation tirée de l’Ancien Testament.
Cette œuvre représente la destruction de la statue du dieu Dagôn ainsi que le fléau qui touche son peuple, les philistins, après qu’ils se soient emparés de l’Arche d’Alliance.
Malgré ce cadre antique, l’artiste profite de cette œuvre pour livrer des observations : les rues ressemblent à de véritables charniers et de façon instinctive, il insiste sur l’omniprésence des rongeurs, particulièrement des rats. Notons qu’il faudra attendre près de deux siècles pour que le lien entre les rats et la propagation du virus de la peste soit scientifiquement établit.


Poussin se base sur ses propres observations pour mettre en garde sur ces traits spécifiques de l’épidémie, l’œuvre n’est plus simplement un exemple de châtiment divin, mais représente également de façon détournée un compte rendu de la situation, ainsi qu’une forme d’avertissement face à des facteurs aggravants.

Ca me dit quelque chose !

Un tengu masqué

Une fois n’est pas coutume, la rédaction vous propose une œuvre lié à la thématique, cette fois il s’agit d’une photographie par Maxime Anthony, que nous vous invitons à découvrir . LIEN

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L’Instagram du Covid Art Museum, afin de vous faire une idée de la pluralité des œuvres produites pendant et après les phases de confinement. LIEN